Un nouveau cadre réglementaire pour développer l'hydroélectricité
La première énergie renouvelable en France avec l'avantage d'être modulable :
L'hydroélectricité est aujourd'hui la première filière de production d'énergies renouvelables en France, représentant 14% de la production d'électricité. Parmi les énergies, la filière hydraulique comprend les grands barrages, les usines marémotrices, les petites centrales au fil de l?eau et les moulins à eau. L'hydroélectricité fait partie des 5 familles des énergies renouvelables avec le solaire, l?éolien, la biomasse et la géothermie.
L'hydroélectricité est la deuxième source d?énergie renouvelable dans le monde.Cette énergie bénéfice d'un énorme avantage, malgré son poids relatif par rapport à l'énergie nucléaire. En effet, l'hydroélectricité a l'énorme avantage d'être modulable. Les réservoirs hydroélectriques permettent le stock de l'énergie qui peut, selon les besoins, être mobilisée très vite. Contrairement à l'énergie nucléaire, l'électricité de source hydraulique atteind sa production nominale très vite (en 3 minutes contre environ 40 heures pour un réacteur nucléaire). Cette forme de production d'électricité permet ainsi de limiter des pannes de grande ampleur comme la panne électrique qu'a connu l'Europe le 4 novembre 2006 : pour exemple, même les "petites" micro-centrales privées de montagne de départements comme l'Ariège, utilisées quotidiennement pour l'alimentation de communes ont permis d'obtenir le retour de l'électricité plus rapidement que des zones plus urbaines moins enclavées.
Encore d'autres atouts :
Outre le fait d'être modulable, il faut savoir que l'énergie hydroélectrique est une énergie renouvelable, stockable, nationale et non productrice de gaz à effet de serre qui pourrait donc avoir une place importante dans le mixte énergétique français et aider à la réalisation des objectifs de l'hexagone qui sont de consommer 21% d'électricité issue de sources renouvelables d'ici 2010.
Un rapport pour une évolution du cadre réglementaire :
Le "haut fonctionnaire de développement durable" du ministère de l?économie, des finances et de l?industrie, Fabrice Dambrine, a été chargé par le ministre d?une mission de coordination des actions du MINEFI dans le domaine de l'eau, avec pour objectif plus spécifique de lancer, avec la direction générale de l'énergie et des matières premières (DGEMP), une étude sur les perspectives de développement de la production hydroélectrique en France. Ce présent rapport analyse notamment les enjeux et le potentiel de l?énergie hydroélectrique, énergie renouvelable qui ne dégage pas de gaz à effet de serre. Il revient également sur le contexte réglementaire de développement de l'hydroélectricité ainsi que sur les conditions de son futur développement.
Selon ce rapport, la France pourrait produire 23 TWh de plus en renforçant ces installations actuelles comprises en 10 et 50 MW ou en en construisant de nouvelles. Il serait également possible de produire de l'énergie supplémentaire supplémentaires grâce à la petite hydraulique comme les micro-centrales et en rénovant les moulins inexploités sur les rivières françaises. En effet, ce rapport comptabiliserait 30.000 moulins pouvant accueillir des installations hydrauliques.
Le conflit entre intérêts énergétiques, économiques et environnementaux : l'exemple de la Guyane française
Les résultats de dix ans d'études d'une équipe de l'IRD sur le barrage de Petit Saut en Guyane française sont consternants. À partir des comparaisons des espèces présentes, de leur alimentation et de leurs stratégies de reproduction, avant et après la mise en eau du barrage, les chercheurs ont mis en évidence une diminution significative de la diversité piscicole à l'aval du barrage, en relation avec les modes de vie des poissons. Les barrages sont des outils de développement économique, ils sont donc souvent implantés dans des régions à forte densité de population où les rivières ont un intérêt crucial. La question de leurs impacts sur l'écosystème reste donc majeure.
La décision d'utiliser l'énergie hydroélectrique en Guyane française fut prise par EDF dans les années 70 afin de répondre à la demande croissante en énergie pour le centre spatial guyanais. Un barrage sur le fleuve Sinnamary a été mis en activité en 1994 au lieudit Petit Saut, situé dans le centre du pays à 60 km en amont de l?estuaire.
Les impacts d'un barrage sur les caractéristiques physiques et chimiques de l'environnement aval sont importants. En particulier, il interrompt le cours normal de la rivière et modifie le régime de crues naturelles. Les chercheurs ont observé une nette diminution du nombre d'espèces présentes après la mise en eau du barrage, avec 10 espèces disparues sur une moyenne de 45 capturées avant le barrage. Deux espèces, non observées jusque-là, sont apparues après fermeture du barrage. De plus, une analyse des similarités pré et post-barrage a montré que les espèces abondantes étaient très différentes d?une période à l?autre.
Cette étude a permis de montrer que les stratégies vitales des espèces, la recherche d'alimentation et la reproduction, et leur répartition au sein des peuplements jouent un rôle significatif dans leur maintien au sein du milieu : celui-ci déterminerait, dans une certaine mesure, l'organisation fonctionnelle des peuplements de poissons. Cette approche par le biais des stratégies permettrait de s'affranchir de la composition faunistique propre à chaque rivière et ainsi d'avancer des prévisions généralisables sur le devenir des poissons en aval des barrages.




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